Personnes âgées

  • Rapport du Conseil de l’âge : « La participation et la contribution économique, sociale et environnementale des seniors » – adopté le 17 septembre 2025

    Revisiter et renouveler les regards sur l’âge et les seniors

    Le rapport brosse un panorama de la grande diversité des formes d’engagement des seniors et de leurs profils différenciés de participation à la vie associative, syndicale, citoyenne. Il montre que la participation au marché du travail des seniors augmente significativement en période récente (notamment sous l’effet des réformes des retraites), et que leur engagement dans des démarches collectives connaît un tassement : par exemple 31,1 % des 65 – 74 ans se déclarent bénévoles en association en 2024 contre 40,8 % en 2004. On retrouve sensiblement la même évolution dans les autres pays européens.

    À l’avenir, cet engagement est susceptible de continuer de diminuer structurellement, du fait de nouvelles attentes de flexibilité et des freins financiers, juridiques et en lien avec la santé (23 % des personnes de 75 ans et plus qui ne déclarent pas de limitation ont une activité sociale contre 8 % seulement de celles qui se déclarent fortement limitée), s’il n’est pas mieux accompagné. Or, la participation sociale apparaît comme un levier de plus grande satisfaction dans la vie, de rupture de l’isolement social ainsi que de contribution au maintien des personnes âgées dans l’autonomie.

    Par ailleurs, les seniors sont des contributeurs économiques et sociaux importants : la croissance de la consommation par exemple a été largement soutenue ces dix dernières années par le dynamisme de la consommation des plus de 70 ans. Ainsi, loin d’une image « passive », ils mobilisent autour d’eux de nombreuses actions collectives, sont acteurs de leurs communautés, et créateurs de valeur. Au-delà de leur activité et de leur consommation, ils effectuent d’importantes donations et l’aide informelle qu’ils apportent aux autres, de toutes générations, est valorisée jusqu’à 1,9 % du PIB. Leur présence en augmentation sur nombre de territoires est un « or gris » qui représente des opportunités de développement économique pour ces derniers : l’économie du vieillissement représente déjà plus de 15 % des emplois privés dans un territoire sur cinq en France.

    Le Conseil de l’âge s’appuie sur ses constats et propose des objectifs de politiques publiques visant à renforcer la participation sociale des seniors (particulièrement pour les groupes les moins favorisés). Il incite également à ce que le vieillissement de la population soit regardé comme un champ de progrès social et économique de transition numérique et environnementale, ainsi que d’aménagement du territoire.

    Rapport sur la participation et la contribution économique, sociale et environnementale des seniors (PDF – 2.29 Mo) 

    La synthèse du rapport (PDF – 139.68 Ko) 

    L’infographie du rapport (PDF – 435.37 Ko) 

  • Rapport du Conseil de l’âge « Bien vivre et vieillir dans l’autonomie à domicile » – adopté le 20 février 2024

    Le Conseil de l’âge a adopté le 20 février un rapport sur les conditions de nature à garantir des réponses adaptées aux besoins et aspirations des personnes âgées notamment celles concernées par des vulnérabilités. Ce rapport analyse dans quelle mesure ces conditions sont réunies aujourd’hui et propose des orientations pour qu’elles le deviennent, le cas échéant, effectivement.

    Le Conseil de l’âge appelle à concevoir la politique du Grand âge sur un périmètre élargi et à planifier l’accompagnement de la transition démographique sur un horizon cohérent. Il invite à changer d’approche, pour ne plus limiter la politique d’autonomie à la simple compensation des limitations dans les actes de la vie quotidienne mais s’orienter, comme la plupart des autres pays (1), vers une politique globale et inclusive. Il demande pour cela l’inscription dans la loi de « l’impératif de prise en compte par la société tout entière des enjeux et des conséquences du vieillissement de la population, et la garantie du droit des personnes âgées de vivre de façon autonome et en pleine citoyenneté, avec tous les soutiens nécessaires ». Il alerte sur le défaut notable d’anticipation qui caractérise la politique française du Grand âge : les exercices de projection dépassent rarement cinq années, alors qu’il est pourtant établi que la part des personnes âgées de 75 ans dans la population va presque doubler d’ici 2050 et que c’est surtout à partir des années 2030 qu’une grande fraction de ces personnes âgées connaîtra des limitations (2).

    Le rapport juge qu’un effort considérable doit encore être réalisé pour que la société soit vraiment adaptée à son vieillissement, dans ses aspects d’habitat et de vie dans la cité. Il estime qu’il est indispensable d’adapter un nombre bien plus important de logements au vieillissement et de soutenir réellement la diffusion des aides techniques et des nouvelles technologies qui préservent ou soutiennent l’autonomie. Il appelle à dépasser la simple question du « bâtiment » et à concevoir le domicile comme un habitat choisi, adapté et « capacitant ».

    Le Conseil de l’Âge considère que l’accès des personnes âgées aux soins de santé doit être mieux garanti et qu’il est en particulier essentiel de mieux articuler les parcours. Il invite en particulier à une mobilisation forte pour l’accompagnement des personnes atteintes de maladies neurodégénératives et l’accompagnement des fins de vie à domicile (3).

    Sur la base d’un bilan très précis sur les outils d’évaluation des besoins, de détermination de l’éligibilité à l’APA et sur les modalités de définition et mise en œuvre des plans d’aide (4), le Conseil de l’âge manifeste une vive inquiétude quant à la capacité du système actuel, malgré sa complexité pour les professionnels (5) et son manque de lisibilité pour les personnes, à offrir de bonnes garanties en termes d’effectivité de soutien. Il recommande de lancer dès à présent la préparation d’une réforme visant à remplacer l’APA par une prestation plus universelle, puissante et englobante, de soutien à l’autonomie et préconise de corriger sans plus attendre les faiblesses majeures de l’APA à domicile que ses travaux ont permis d’identifier : l’arbitrage imposé entre les différentes composantes des plans d’aide (en raison de leur plafonnement global), le caractère inadapté de l’allocation pour certaines franges de la population des personnes âgées (notamment celles affectées par des troubles cognitifs ou du comportement), l’écart grandissant entre les tarifications nationales et départementales et le juste niveau de financement et/ou de rémunération de l’offre.

    Le Conseil invite par ailleurs à développer les démarches visant à favoriser l’aller-vers les personnes, la simplification des procédures et des parcours, et appelle à une réduction des complexités d’organisation. Il suggère que les disparités territoriales soient réduites par une redevabilité plus grande des acteurs locaux et la fixation de cibles de convergence. Sur ces sujets et celui de la prévention, la mise en place du futur Service public départemental de l’autonomie lui apparaît comme un levier puissant.

    Les travaux du Conseil de l’âge pour l’élaboration du rapport Bien vivre et vieillir dans l’autonomie à domicile s’appuient sur des analyses approfondies, ayant fait l’objet d’une publication ad ’hoc, sous le libellé « document d’ECLAIR’AGE » :

    ( 1) Grands courants d’approche de l’autonomie des personnes âgées vulnérables dans les pays confrontés au vieillissement de leur population

    (2) Situations et perspectives départementales en termes de besoins, de recours et d’offre

    (3) Les aspects relatifs à la santé et à l’accès aux soins

    (4) Prise en compte des besoins des personnes âgées vulnérables : grille AGGIR, outils d’évaluation et adéquation de l’APA

    (5) Enquêtes conduites auprès des acteurs locaux du Grand Âge

    > RAPPORT – Bien vivre et vieillir dans l’autonomie à domicile

    > Contributions des membres